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About Deviant Member la tête dans la lune27/Male/France Groups :iconarthropodia: Arthropodia
Rise of Insects
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L-5-A-3-E-18, le directeur de Rédemption, visionnait différents lieux de la ville au gré de ses envies, à l’aide de son bureau numérique. Assis à sur une chaise de verre,  il ne s’arrêtait guère plus de quelques secondes pour voir ici et là quelques prisonniers se faire battre par des gardes, protégés par des sphères. Alors que personne ne se trouvait dans son bureau, L-5-A-3-E-18 en avait profité pour défaire légèrement son nœud de cravate noire qui le serrait trop.
Le défi était terminé depuis deux jours à présent. Si on pouvait appeler cela un défi. Des dégénérés mentaux faisant du skate dans un bidonville souterrain. Il en fallait peu pour que ce genre d’événements déborde. Et effectivement, le défi avait débordé. Un acte isolé dans la foule. Une personne qui avait écarté ses mains un peu trop pour toucher son voisin. Ça aurait pu être ça ou autre chose. Ils sont tellement prévisibles…
Tout s’était déroulé selon le plan. Les gros benêts du Gouvernement Mondial s’étaient montrés étrangement efficaces à ce sujet. Mais tout de même… Faire en sorte qu’une bagarre dégénère pour pouvoir isoler un maximum de « têtes pensantes », sans pour autant que cela paraisse suspect aux yeux des autres prisonniers… L-5-A-3-E-18 aurait presque pu crier « Chapeau l’artiste ! », s’il avait eu l’occasion de voir en personne les concepteurs de ce plan. Mais il n’avait toujours eu affaire qu’à un homme de second ordre…

L-5-A-3-E-18 s’arrêta quelques secondes supplémentaires dans la cellule d’isolement d’une prisonnière nommée A-12-18-I-19. Tournant en rond dans une camisole blanche, la jeune détenue ne semblait guère prêter attention à la petite caméra accrochée à l’un des angles de son étroite cellule. A-12-18-I-19 avait désormais la tête complètement rasée, comme tous les détenus qui se retrouvaient en isolement. Intrigué par l’aspect chétif de la prisonnière, le directeur se demanda alors pourquoi elle s’était retrouvée à Rédemption. Si bien qu’il décida d’ouvrir son dossier pour en consulter la raison.

Tout ça pour un bouquin ?... Pauvre femme…

D’ordinaire, il n’était pas tendre avec les prisonniers. Il ne pouvait se le permettre, surtout quand on a atteint les 101 987 détenus la semaine dernière. Mais c’était tout de même dommage pour cette citoyenne. « Mauvais timing », comme le disait un vieux proverbe du Nord. La barre des 100 000 était passée depuis un moment à présent, mais il y avait toujours quelques complications de dernière minute. Et de la paperasse à remplir ! Ah, ça, il en avait vu passé des documents officiels à signer, à envoyer en double exemplaire, voir plus…

Mais il faut dire que le projet était réellement dantesque.
Envoyer tous les prisonniers de la Planète Mère sur un autre monde. Tous, sans exception.
Et cette A-12-18-I-19 qui se trouvait dans le lot.

Devait-il faire une exception pour elle ?
Cette inconnue qu’il allait oublier d’ici quelques jours, tellement il avait de détenus à gérer ?
Non.
Il ne pouvait se permettre de faire le moindre écart. Ça commençait toujours comme ça. On avait de la compassion pour l’un d’eux, puis la rumeur se répandait comme une traînée de poudre. Et alors il aurait un plus gros problème encore…
Balayant l’idée d’un revers de main, suivi d’un large soupir, le directeur L-5-A-3-E-18 remit son nœud de cravate en bonne et due forme avant de zapper sur un autre lieu de sa prison.

***

Dans sa cellule blanche, Douze n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui s’était passé. Le défi avait pourtant bien démarré. Les premiers skateurs des Poings Gantés avaient remporté leur duel face aux Piques de Fer. Tout le monde semblait s’amuser, oubliant pendant un court instant qu’ils se retrouvaient en prison...

Peut-être avait-ce été là leur erreur.

Personne n’avait remarqué que les sphères de surveillance avaient été désactivées, se retrouvant là comme si quelqu’un voulait qu’un incident se produise… Et comme sa poisse la poursuivait depuis quelques temps, il était normal qu’elle se retrouve  parmi les prisonniers mis en isolement !...

Nom d’un Code Nom !...

A bien y réfléchir – puisqu’à présent il ne lui restait plus que ce loisir pour une période encore indéterminée – à partir de quand sa vie avait-elle pris un tournant qu’elle ne voulait pas ?...

Son enfance avait été sans histoire. Ni bonne, ni mauvaise à l’école. De même lorsqu’elle avait passé son service militaire. Elle aurait pu facilement se dire que son petit ami philosophe de l’époque avait été l’élément déclencheur de sa spirale infernale, mais elle se serait voilée la face.

Au fond d’elle-même, comme pour beaucoup de ses concitoyens, elle n’avait jamais aimé les mesures drastiques que le Gouvernement Mondial avait pris depuis plusieurs siècles à présent. Le fameux slogan « Tout en œuvre pour le bien de la Planète Mère », devenu avec le temps une quasi-religion interdite aux critiques. Alors, certes, il aurait été facile, même avec la technologie de l’époque, de changer de monde pour en trouver un plus propre que le leur. Mais l’orgueil de l’Humanité était tel que n’importe quelle solution était préférable plutôt que d’envisager celle-là.

Trop de déchets ? Pas de problèmes ! On les envoie dans l’espace !

Trop de prisonniers ? Pas de problèmes ! On les cachent sous terre où personne ne pensera à eux ! Et pourquoi pas après tous les envoyer eux-aussi dans l’espace ? Hein ? Au final, pour les citoyens ordinaires, se débarrasser de la « vermine » était une perspective plus attirante que de s’occuper de ses propres problèmes…

Une minute !...

Envoyer tous les prisonniers dans l’espace ?... Non… Ils n’oseraient jamais faire ça, n’est-ce pas ? Certes, la situation globale de la Planète Mère était préoccupante – au point d’enfermer une personne pour avoir lu un livre matériel au lieu d’un livre numérique – mais quand même ! Cela dit… Avec ce que Daf lui avait dit sur le fait que Rédemption pourrait être un gigantesque vaisseau…

Tu deviens folle, ma cocotte ! Reprends-toi !

Douze aurait voulu se frotter les cheveux, mais sa camisole blanche et son crâne rasé la ramena à la dure réalité du présent. Pour l’instant, ce qui devait la préoccuper ce n’était pas cette pensée saugrenue, mais plutôt comment sortir de cette… prison.

La jeune femme ne put s’empêcher de sourire en pensant à cette drôle de situation. Elle se retrouvait en prison dans une prison !

Prenant une grande respiration, elle s’assit en tailleur par terre. La salle était encore plus petite que son ancienne chambre. Entourée de toute part par du matelas blanc, Douze pouvait à peine s’allonger pour dormir. Du coup, cette position avait été la seule appropriée pour se reposer.

C’est donc ça vivre ?... Se laisser importer par les événements en sachant pertinemment que rien ne pourra les arrêter ?... Au final, est-ce que ça serait vraiment pire de se retrouver sur une autre planète, sachant que celle-ci nous a déjà condamné quoi qu’on fasse ?...

Perdue dans ses pensées, Douze se laissa sombrer dans un profond sommeil, jusqu’à ce que quelque ne vienne toquer à sa cellule.
Histoire de Douze : Chapitre 7
Et voici le 7ème chapitre de l'histoire de Douze... On se rapproche petit à petit de la fin !

A bientôt !
Votre Serviteur,
H.
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De vertes prairies entouraient la cathédrale. Pour la plupart des Citoyens de la Planète Mère traversant les routes à proximité, Rédemption aurait pu être un lieu de vacances en familles. Autrefois. Mais la zone avait été depuis longtemps fermée par les forces gouvernementales, si bien que de nombreuses légendes circulaient à son sujet. Certains prétendaient qu’une arme secrète se cachait sous terre, attendant d’être activée pour les protéger en cas d’invasion. D’autres affirmaient qu’il s’agissait en fait d’un vaisseau venu des étoiles, reconverti en cathédrale par les Anciens. Parmi les histoires les plus farfelues, il y en avait même qui clamaient haut et fort que la cathédrale n’était en fait qu’une illusion d’optique, créée par le Gouvernement en vue de cacher un abri anti-nucléaire pour ses membres.

Ils avaient tous faux.

Douze avait auparavant été attirée par la thèse du vaisseau spatial, si on acceptait le fait que la cathédrale n’était que la partie émergée de celui-ci. Ce qui en soit, une fois à l’intérieur, n’était pas si dénué de sens, lorsqu’on s’attardait un minimum à l’architecture de la ville souterraine, comme le lui affirmait Daf.

Mais aujourd’hui, Douze se moquait bien de toutes ces hypothèses abracadabranquesques. Rédemption était une prison. SA prison. Pendant un an. Et vu l’étendu de la tournure des événements pris durant à peine ses premiers jours d’incarcération, Douze n’osait même pas imaginer ce que lui réservait la suite de son année...

Le jour du défi de Bak était finalement arrivé. Ce stupide défi. Douze n’aimait pas les compétitions sportives en général, et encore moins le skate. Mais elle devait reconnaître que voir « son » équipe s’échauffer, ainsi que l’excitation qu’elle sentait monter parmi ses camarades commençait à trouver cet événement… attirant !

Sod, qui avait surpris le sourire de Douze, ne put s’empêcher de lui donner une petite accolade, ce qui manqua de faire tomber la jeune prisonnière.

- Tu sais, Sod, un d’ces jours, il faudra vraiment qu’on revoit ta définition du mot « petite » ! dit-elle en se frottant l’épaule gauche.
- C’est pour ton bien ! Ça t’endurcira le jour où tu voudras affronter Bak dans combat singulier !
- Tu sais que tu commencerais presqu’à parler comme Daf ?
- Y a pas de mal à copier ce qui marche ! Répondit ce dernier en lui faisant un clin d’œil.
- Eh, fais gaffe à qui tu fais des clins d’œil, toi ! Intervint Nune, assise à ses côtés.
- Mais tu sais bien qu’il n’y a que toi qui compte, ma chère !
- Tu sais, ce n’est pas parce que maintenant, on est ensemble, que tu peux te permettre de continuer à batifoler à droite à gauche !
- Mais, enfin, ma chère, je ne batifole pas ! C’est Douze !
- Sympa !
- Et vous deux, alors, quand est-ce que vous vous mettez ensembles ?! demanda Daf en pointant du doigt la jeune prisonnière et Sod.
- Euh… répondirent-ils en chœur.
Devant le rougissement mutuel simultané des deux intéressés, Nune et Daf ne purent s’empêcher de rire.
- Si vous pouviez voir vos têtes !
Exécutant inconsciemment les ordres de Nune, Douze et Sod se regardèrent et virent effectivement la rougeur involontaire de leur visages respectifs. Avant de tourner la tête une demi-seconde après.
Amusé par ce petit moment de détente, Daf, connaissant ses deux camarades, préféra vite changer de sujet.
- Au fait, vous avez parié pour qui tous les deux ?
- T’es con ou tu le fais exprès ?! Pour nous, évidemment ! répliqua Sod d’un air sûr de lui.
- Sérieusement, vous avez vraiment parié pour aujourd’hui ? Ce n’est pas un simple jeu, là ! Au mieux, on gagne du territoire, au pire, on perd des compagnons ! Mais dans les deux cas, il y aura des changements importants à Rédemption !...
- T’en fais pas, ma petite Douze – répondit Nune – on le sait tous. C’est justement pour ça qu’on fait tout ce qu’on peut pour oublier ces tensions. Les paris et les défis, de quelque nature qu’ils soient, nous permettent non seulement de faire comme si nous n’étions plus des tolards, mais en plus on évite ainsi les blessés qu’une guerre classique de gangs pourrait engendrer. Tout le monde y gagne dans l’affaire…

Sod et Daf, qui s’étaient tus à ce moment-là, préférant regarder leur chaussures grises de prisonniers, puis relevèrent la tête.

- Bon allez, c’est pas tout ça, mais…
- Hein ?! Mais qu’est-ce que tu fais ?!

Douze se retrouva soudain élevée à quelques centimètres du sol par Sod. Prise par la taille, elle tenta par réflexe de se débattre, mais les maigres tentatives de sa part pour se libérer étaient aussi efficaces que si un papillon avait essayé de s’en prendre à lui. Un beau papillon certes, mais fragile quand même.
Le groupe amena alors Douze à la personne responsable des paris.
Le citoyen P-1-R-I-19, appelé Pain par ses camarades, ne faisait partie ni des Poings Gantés, ni des Piques de Fer, mais des Dés du Hasard. Comme le nom de son gang l’indiquait, ses membres s’étaient faits des paris et jeux de hasard en tout genre une spécialité. Certes, ils n’étaient pas aussi étendus que les Piques de Fer ou les Poings Gantés en terme de territoire, mais leurs membres avaient gagné une telle réputation, justifiée, que tout le monde faisait désormais appel à eux en cas d’événements de ce genre. Pain était un homme aussi grand et costaud que Sod. Contrairement à ce dernier, sa peau était noire, comme la plupart des membres de son gang. Sod avait appris à connaître Pain, car ce dernier, en plus de tenir le pari d’aujourd’hui, était aussi l’un des gardes du corps personnel du chef des Dés du Hasard.
Souriant et étonné de voir le groupe de Sod, Pain alla à leur rencontre d’un air amical.

Douze se calma enfin lorsque Sod la posa devant Pain. Ce dernier, souriant, se présenta à Douze d’une manière révérencieuse, qui impressionna celle-ci.
- Ah, et bien tu vois, Sod, c’est comme ça que tu devrais dire bonjour aux dames ! Je suis sûre que tu aurais beaucoup de succès ainsi !
Ignorant la remarque de cette dernière, Sod salua son ami et présenta Douze, qui baissa au même moment la tête en signe de respect.
- Cette jeune dame n’a pas encore parié, bro !
- Fichtre ! C’est une erreur qu’il nous faut réparer de suite alors ! Sur qui désirez-vous parier, jeune demoiselle ?
- … Et bien… Les Poings Gantés, naturellement !
Pain sortit de sa poche un petit appareil métallique sphérique pas plus grand que la paume de sa main. Il appuya sur le bouton rouge qui se trouvait à l’un des bords puis apparut une fiche holographique rouge composés de noms. Certains avaient donné ce qu’ils considéraient comme leur nom véritable, d’autres avaient préféré donner leur Code Noms.
- Je vous inscrit en tant que Douze ?...
- Oui, je vous remercie !

Des trompettes sonnèrent alors, faisant sursauter Douze.

- Ah, vous avez de la chance ! – Pain appuya à nouveau sur le bouton rouge de son appareil. L’hologramme disparut et son propriétaire le rangea dans sa poche. – Les paris sont terminés. Le défi va commencer !
- Ah, chic, chic, chic ! se frotta les mains Daf.

Sans le vouloir, Douze se frotta également les mains. L’excitation était à son comble, et les hostilités allaient enfin pouvoir commencer…
Histoire de Douze : Chapitre 6
Et voici le chapitre 6 !
Petit à petit, on s'approche de la fin !

A bientôt !

Votre Serviteur,
H.
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Les funérailles du Citoyen B-21-R-20-15-N avaient été impressionnantes. Toute la ville s’était réunie au même endroit : au sommet d’une colline où était déjà enterrée sa femme, ainsi que ses proches les plus fidèles. Même le directeur et le sous-directeur avaient été présents !
Pour l’occasion, on avait autorisé Bak à porter une tenue similaire aux autres prisonniers, mais de couleur noire. Tout le monde avait également été surpris – Douze compris – de ne plus voir ses cheveux roses, mais bruns, sa couleur naturelle, et bien coiffés.

Tous les chefs de gangs étaient venus lui présenter leurs hommages, et demandant quand aura lieu la cérémonie officielle de passation.

- Bientôt. Vous serez contacter en temps et en heure !...

Etait la seule réponse que Bak pouvait articuler. Bien que dans les faits, celle-ci dirigeait les affaires depuis plusieurs mois, le vieux Berre était toujours officiellement le chef des Piques de Fer. Même Douze, que ses compagnons avaient fortement incité à faire venir, était venue lui présenter ses hommages !
Hier encore, l’héritière des Piques de Fer en aurait profité pour lui lancer une de ses répliques tendancieuses habituelles, mais aujourd’hui, elle n’avait pas le cœur à cela. Et Douze commença alors vraiment à la voir comme une chef de gang potentielle…

Retournant auprès des membres de son gang, Douze ne put s’empêcher de remarquer que le directeur de Rédemption regardait discrètement dans sa direction. Un regard qui lui faisait froid dans le dos…

- Bein alors, après les femmes, tu t’intéresses aux hommes, Douze ? s’amusa Sod.
- Tu deviens lourd avec ça, Sod !...
- Tu sais que t’en que tu seras pas avec quelqu’un…
- Tu t’amuseras à me mettre avec n’importe qui, oui, je sais ! Mais je m’étais dit qu’avec un jour comme aujourd’hui…
- Il a raison, ma chère, tu sais ! – intervint Daf, C’est justement dans une journée comme celle-ci qu’il faut au contraire ne pas se laisser aller à la morosité. Bon, pas d’bol par contre, ça tombe sur toi… Mais le geste est là… Et je respecte !

Les deux amis se tapèrent le poing fermé en signe de reconnaissance. Une quatrième personne arriva alors.

- Laissez-là un peu respirer les garçons ! Attaquez-vous à quelqu’un de votre taille !

Nune s’était également incrustée dans la partie. Depuis les avances ratées de Daf, la scientifique s’était peu à peu intéressée à ce groupe pour le moins hétéroclite : le grand baraqué au crâne rasé, le grand maigre à la queue de cheval et la jeune blonde à lunette.
Intriguée au début, elle s’était peu à peu liée d’amitié avec Douze, une des rares femmes de Rédemption qui ne se moquait pas de sa petite taille.
- Un peu de tenue, tous les quatre, quand même ! On n’est pas à la fête ici…
- Désolé boss… répondirent-ils en chœur.

Attendant que ce dernier n’aille parler un peu plus loin avec ses confrères, Sod fut le premier à reprendre la parole, en baissant d’un ton cette fois-ci.

- A votre avis, est-ce que le défi tient toujours avec ça ?...
- On le saura bien assez tôt, mon cher…
- C’est ta réponse à tout ça !
- T’oublies aussi les « si tu veux mon avis » !
- Ah, c’est vrai ! Et puis aussi les…

Douze n’écoutait plus le trio. Ses pensées étaient tournées vers l’avenir. Son avenir. Elle n’avait pas encore passé le dixième de son temps d’incarcération qu’elle n’était plus certaine de pouvoir tenir encore pour un an. Et tout ça à cause d’un vieux bouquin !...
Trimballée comme un objet depuis l’arrivée des Gardiens de Mère, Douze se sentit soudain fatiguée. Au fond, pourquoi lutter pour des choses aussi futiles ? Passer des Poings Gantés aux Piques de Fer, était-ce si « grave » que ça ?...
Au final, la vie à l’extérieur de Rédemption n’était pas si différent qu’à l’intérieur. La seule différence notable étant l’absence de lumière naturelle.
Les nuages lui manquaient. Et, mine de rien, sa petite vie commençait aussi à lui manquer aussi : ses petites habitudes, manger une pizza devant la télévision à regarder des émissions idiotes, parler quelques minutes avec son voisin de palier même si celui-ci ne parlait que de sport, ou même aller à la laverie et attendre une demi-heure son tour…
Elle eut soudain de la peine pour Bak.
Celle-ci n’avait jamais connu la « liberté » à cause des crimes de ses parents. Avait-elle seulement conscience de ce qu’elle perdait à l’extérieur ?...


Le lendemain de la cérémonie, Bak avait à nouveau réuni les chefs de gangs pour son intronisation en tant que chef de gang officiel. La cérémonie avait été sobre et rapide. Et cette fois-ci, ni le directeur ni aucun membre de son personnel ne se trouvait présent. Seul un garde du corps par chef avait été autorisé, et uniquement à l’entrée du bâtiment principal.
Sod ayant réussi à être celui de Pine grâce à sa carrure impressionnante, avait ainsi pu discuter avec ses collègues.

D’après ce qu’il en avait dit à Douze, Bak ne semblait plus la petite « fille à papa », comme ils s’étaient habitués à l’appeler. La mort de Berre était encore présente dans les esprits, mais la « nouvelle » chef des Piques de Fer avait su tout de suite prendre les choses en main. Si bien que la « transition » n’avait pas été difficile.

Et le pari de Bak tenait toujours.

Cela dit, désormais, elle laissait à Pine la totale liberté concernant le choix des hommes et des femmes qu’il lui proposerait en échange de son potentiel nouveau territoire.

- En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a changé Bak !
- Tiens donc, tu ne l’appelles plus « la petite », maintenant ?...
- Bein non ! Faut dire, y a qu’à la voir en action ! Elle est plutôt impressionnante en fait en chef de gang…
- Alors que moi, qui a le même chose, tu m’appelles encore une fois sur deux petite ?...
- T’es sûre que ce n’est pas plutôt une fois sur « douze » ?...
- Ah-ah-ah. Je crois bien qu’on m’l’a jamais faite celle-là !
- Sérieux ?!
- Bein si, qu’est-ce tu crois !

Douze lui donna alors une petite tape sur la tête. Sod grimaça théâtralement sa fausse douleur, tandis que la jeune femme ne put s’empêcher de lâcher un rire devant sa performance…

Soudain, plusieurs hommes et femmes arrivèrent de différentes rues pour se rendre au bâtiment principal de Pine. La plupart se déplaçait en skate, avec les manches de leur tenue orangée retroussées plus ou moins haut, certains les ayant mêmes arrachés ! Douze devait admettre que ces derniers avaient plus de classe que les autres. Les ayant déjà croisé pour la plupart, la jeune femme sut qu’il s’agissait des meilleurs hommes et femmes du gang. Après en avoir vu défiler une bonne trentaine, Douze et Sod décidèrent de les suivre.

Visiblement, Pine avait décidé de prendre ce défi très au sérieux…

Douze n’avait malheureusement pas pu assister à la réunion. Comme une certaine partie du gang, dont Sod et Daf. Etrangement, Nune avait été acceptée. Douze pouvait comprendre ses raisons mais avait du mal à se réaliser pourquoi Daf ne l’était pas.

- Sans doute parce que je suis encore « nouveau », comme toi et Sod. Cela dit, il n’y a pas de raison de sans faire. Le chef sait ce qu’il fait.

Haussant les épaules, Douze jeta un rapide coup d’œil au grand bâtiment dépravé servant de quartier général des Poings Gantés, avant de regarder les « recalés » comme elle les avait surnommés intérieurement.

C’est sans doute le meilleur moment pour s’intégrer davantage et connaître ses collègues…
Histoire de Douze : Chapitre 5
Et voilà, on en est environ à la moitié !
Si tout va bien, vous aurez "bientôt" une vraie FIN venant de moi ! (Si j'y arrive, ça sera quand même un exploit ! ^^)

A bientôt !
Votre Serviteur,
H.
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  • Listening to: Kaamelott
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Qu'est-ce que Liberre ?

A l'origine, il s'agissait d'un univers "alternatif" à Alaris : la même base, mais en enlevant tout ce qui me dérangeait, m'empêchait d'écrire la suite. Une manière décontractée en somme d'écrire sans me soucier de respecter ce que j'avais commencé à écrire il y a des années maintenant.
Mais, grâce aux conseils de :iconloup-de-feu:, Liberre est désormais un univers à part entière.
Certes, il a des points communs avec son ancêtre, mais l'histoire est quand même assez différente pour être lue sans connaître ses origines.

En tout cas, j'espère que cette nouvelle histoire vous plaira autant qu'elle me plaît à l'écrire !

A bientôt !
Votre Serviteur,
H.
La plupart des « Citoyens » résidant à Rédemption trouvaient que leur prison ressemblait davantage à une ville qu’à une véritable prison.

Bak n’était pas de cet avis.

Pour elle, Rédemption n’était rien de plus qu’une vaste poubelle humaine, où tous les rebus de la planète avaient été réunis de force par les autorités de la Planète Mère. La plupart des prisonniers la saluaient lorsqu’ils la voyaient arriver, mais Bak savait que ce n’était non pas par respect mais par crainte. Et encore, plus par crainte de son père que d’elle-même.

Qui aurait cru que même ici-bas, l’hypocrisie était maîtresse ?...

Se forçant à sourire devant les gardes du corps de son père, Bak les ignora aussitôt. Ces grosses brutes à lunettes noires ne méritaient pas plus d’attention à ces yeux que les citoyens vivant à l’autre bout de la planète. Soupirant rien qu’à l’idée de rentrer dans le bureau de son vieux paternel, Bak attendit quelques secondes avant de frapper à sa porte. Il ne fallait pas non plus montrer des signes d’émotions devant les gardes. Sachant qu’elle se destinait un jour à prendre pleinement les pouvoirs de son père à sa mort, c’était le minimum pour sa survie.

Frappant trois fois à la porte rapidement, puis une quatrième fois plus lentement, Bak attendit les mains croisés derrière son dos l’autorisation d’entrer.

Une voix grave et lente répondit favorablement à ses attentes.

Le bureau du Citoyen B-21-R-15-N, dit Berre, fondateur des Piques de Fer ressemblait plus à une chambre d’hôpital qu’à un bureau de malfaiteur. L’état du vieil homme, qui approchait des soixante-dix ans n’avait cessé d’empirer ces derniers mois, au point de ne plus pouvoir marcher. Un lit avait été récemment installé à la place du bureau afin qu’il puisse quand même recevoir son personnel le plus fidèle, dont sa fille, Bak.

D’aussi loin que remontent ses souvenirs, la jeune femme avait toujours connu son père avec une longue barbe blanche lui arrivant jusqu’au nombril. Il mettait également un point d’honneur à ce que ses cheveux sont rasés comme à l’armée – souvenirs du passé disait-il toujours, sans jamais rentrer dans les détails – ainsi que la tenue orangée portée par tous les prisonniers et différenciée uniquement par le Code Nom de son propriétaire.
Au côté de son lit se trouvait une vieille photo réunissant tous les chefs de gangs de Rédemption du temps de sa jeunesse, que Berre aimait bien mettre en évidence pour que tous ses subordonnées se rappellent de cette époque. Parmi les chefs de gangs se trouvaient déjà Pine, chef des Poings Gantés, le seul qui n’avait pas la carrure physique du métier, comparé à ses autres « collègues », mais qui faisait partie de l’un des plus rusés du milieu.

- Ah… C’est toi… Alors, qu’est-ce qu’il a répondu ?...
Devant les difficultés de son père à parler, Bak ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Bak était vue par son père encore comme une petite fille, Alors qu’elle venait pourtant d’avoir vingt-deux ans la semaine dernière.

- Ils ne m’ont pas encore donné de réponse, Père. Vous savez comment sont ces Poings Gantés !

Berre eut un rictus de sourire qui se transforma en une petite toux. Bak se rapprocha instinctivement pour l’aider à remettre son oreiller droit, avant de lui caresser tendrement le front.

- Tu ne devrais pas être aussi irrespectueuse envers nos adversaires, Bak… Même si tu ne les aimes pas. N’oublies pas qu’ils nous ont sortis plus d’une fois de situations délicates !...
- Et nous avons fait de même pour eux autant de fois, il me semble !
- « Presque », autant de fois, ma fille !
- Oui, je sais bien, Père. Mais c’était une façon de parler.
- Ma fille, n’oublies pas qu’en temps de guerre, le moindre mot à son importance…
- … Oui, Père. Je m’en excuse.

Devant l’opiniâtreté légendaire de son père, Bak préférait capituler pour éviter que ce dernier ne s’épuise inutilement. Elle ne voulait pas l’admettre en public, mais Bak tenait vraiment à lui. Il était la seule famille qu’elle avait ici depuis la mort de sa mère, deux ans plus tôt, suite à une embuscade d’un gang rival. Berre et sa fille avait alors été sauvés grâce à l’arrivé – et l’aide – inespérée d’un autre gang, celui des Piques de Fer.

- J’ai aussi cru comprendre… que tu ne t’entendais pas bien avec une petite nouvelle ?...

Bak ne put s’empêcher de serrer les dents et les poings.

- Cette garce me nargue depuis son arrivée à Rédemption, Père. Elle n’a aucune notion de respect de l’adversaire !
- Et c’est toi qui dit ça ?...
- Mais vous savez très bien que je ne le fais qu’en privé ! J’ai toujours été polie et courtoise avec eux en public !...
- Peut-être que l’erreur vient de là, ma fille… Inconsciemment, les gens savent si on leur ment ou non…
- Mais j’ai essayé de l’être, avec elle, Père ! Mais elle ne comprend jamais rien !
- Qu’a-t-elle fait pour être admise à Rédemption ?...

Bak ne sut quoi répondre. La question même ne l’avait jamais effleurée l’esprit. Le seul fait que Douze refuse de faire partir de son gang, qui plus est en l’ignorant aussi « courtoisement » qu’elle l’avait fait, avait suffi à Bak de la mettre hors d’elle-même. Et le pire avait été lorsqu’elle avait appris son enrôlement auprès des Poings Gantés… Ce jour-là, une chaise et une table innocente avaient été brisées.

- N’oublies pas que toutes les personnes qui rentrent ici ne sont pas des meurtrières sanguinaires… Certaines ont juste été là au mauvais endroit et au mauvais moment… Regarde Pine !... On l’a accusé à tort d’avoir tué sa femme il y a trente ans… Et aujourd’hui…
- Aujourd’hui, il est devenu l’un des chefs de gangs les plus puissants de Rédemption…

Bak commençait à connaître par cœur les exemples que son père prenait. Avec l’âge, ce dernier n’en avait désormais même plus conscience !

- Je ferais des efforts avec elle, Père, je vous le promets !
- Bien, ma petite Bakette… Bien !...

Bak détestait au plus haut point ce surnom. Les quelques personnes qui s’étaient risquées – à part ses parents – à l’appeler ainsi s’étaient retrouvées avec un nez ou une côte cassée.

- Je sens mes yeux se fermer, Bak… Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour toi ?...
- Non Père, merci. Vous pouvez vous reposer.
- Merci à toi… Penny…

Bak ferma doucement les yeux à l’annonce du prénom de sa mère. Plusieurs fois, déjà, son père lui avait parlé de sa ressemblance frappante avec elle plus jeune – à l’exception que sa mère ne s’était pas fait teindre ses cheveux en rose, raison pour laquelle Bak se les était fait teindre, justement…

Rouvrant les yeux pour revenir dans le présent, Bak vit alors son père dormir paisiblement… Peut-être trop paisiblement d’ailleurs ! Il semblait un peu trop immobile… Comme s’il ne respirait pas… Ou… plus ?!

Bak écarquilla alors les yeux et cria « Papa » de toutes ses forces. Elle n’entendit pas les deux gardes du corps rentrer dans la pièce en courant vers elle et son père. L’un vérifia son pouls, l’autre appela aussitôt un médecin...

Les yeux remplis de larmes, Bak perdit connaissance.
Histoire de Douze : Chapitre 4
Et voici le chapitre 4 de l'histoire de Douze !

J'espère qu'elle vous aura plu ! ;)

A bientôt !

Votre Serviteur,
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la tête dans la lune
France
Salut à tous !

Écrivain d'origine, je me suis mis au dessin depuis peu. Mon domaine de prédiction ? La science-fiction, particulièrement le voyage dans le temps !
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Qu'est-ce que Liberre ?

A l'origine, il s'agissait d'un univers "alternatif" à Alaris : la même base, mais en enlevant tout ce qui me dérangeait, m'empêchait d'écrire la suite. Une manière décontractée en somme d'écrire sans me soucier de respecter ce que j'avais commencé à écrire il y a des années maintenant.
Mais, grâce aux conseils de :iconloup-de-feu:, Liberre est désormais un univers à part entière.
Certes, il a des points communs avec son ancêtre, mais l'histoire est quand même assez différente pour être lue sans connaître ses origines.

En tout cas, j'espère que cette nouvelle histoire vous plaira autant qu'elle me plaît à l'écrire !

A bientôt !
Votre Serviteur,
H.

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Comments


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:icondeviljunter:
Deviljunter Featured By Owner Feb 7, 2015
Merci pour le fav!!
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:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Feb 9, 2015
Y a pas de quoi ! ^^
Reply
:iconalex-the-black-cat:
Alex-the-Black-Cat Featured By Owner Dec 25, 2014
Joyeux Noël !
Reply
:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Feb 3, 2015
Merci ! Joyeux Noël à toi aussi ! Et bonne année du coup ! ^^
Reply
:iconcoco-f:
Coco-F Featured By Owner Nov 2, 2014  Student General Artist
Bon anniv' à toi :'D
Reply
:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Nov 2, 2014
Merci, camarade !
(J'espère que ce début de mois de novembre se passe bien ! ;))
Reply
:iconcoco-f:
Coco-F Featured By Owner Nov 2, 2014  Student General Artist
(J'attends de voir la suite *BAF*)
Reply
:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Nov 3, 2014
Pour ma part, vais enfin finir ma formation de pôle emploi de 2 mois demain ! ^^

du coup, après retour à la recherche d'emploi mais aussi à la création ! ;)
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(1 Reply)
:iconloyal-to-my-hate:
Loyal-To-My-Hate Featured By Owner Nov 2, 2014
Ce petit chemin qui sent la noisette…
Me rappelle soudain ce grand jour de fête
Où plusieurs gredins me prenaient la tête,
Mais comme je suis bourrin, je leur pète la tête,
Je prends TOUS leurs biens, leur or et leurs guêtres,
Ah c'est tellement bien, de piller ces bêtes !
Je n'oublierais point cette chansonnette
Du petit chemin qui sent la noisette… ! :music:

sur ce, bon annif! :') :party:
Reply
:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Nov 2, 2014
Merci ! :)

Aaaah, cette chanson me rappelle des souvenirs ! ^^

Encore merci ! ;)
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